Factory: 1150°

1150° est un projet FACTORY, un projet collectif d’édition d’objets conçus, développés et produits par les étudiants de Master 1 en Design industriel. 1150° est une mini-série de pièces en céramique produites au sein de l’école, malgré les conditions du confinement. Notre sphère domestique est peuplée d’objets devenus obsolètes parce qu’une simple pièce, une attache ou une vis ont disparues: horloge, poivrier jetable, lampe, bocal, couvercle de casserole… À la manière d’une prothèse, les pièces céramiques viennent se greffer durablement sur ces demi-objets en vue de les réparer. De nouvelles typologies émergent, des fonctions et des usages différents leur précédente vie; un packaging plastique devient un objet durable et fonctionnel, un simple bocal devient plus qu’un contenant, de nouvelles poignées remplacent celles qui avaient désormais disparues…

Les objets de la famille 1150° seront  disponibles sur la plateforme de vente BigCartel courant du mois d’avril.

Pour plus d’informations: https://1150degrees.be/

Clara SHCULLER, in progress. Vers cuisine sans électricité ?

Les équipements électroménagers, et plus largement tous les appareils fonctionnant sur secteur, pile ou batterie, font partie d’une catégorie d’ordure nommée DEEE (Déchets d’équipements électriques et électroniques). Selon l’ONU, ce type de détritus ne cesse d’augmenter, tout en ayant un taux de collecte et de recyclage très faible. En effet, leur désassemblage est souvent complexe et leur diversité est telle que pour la plupart des déchets, seule une infime quantité de métaux rares bénéficiera d’une seconde vie tandis que tout le reste finira dans la catégorie des déchets ultimes destiné à l’incinérateur.

Or, si certains de nos appareils nous sont indispensables, d’autres pourraient être repensés sans électricité. Mon projet consiste à concevoir un nouvel écosystème de cuisine composé d’objets… mécaniques. En effet, contrairement aux électroménagers, ils sont peu coûteux en termes de ressources (du fait d’une conception non-électrique et de l’absence de consommables associés), durables, réparables et faciles à recycler en fin de vie.

Le batteur, la balance, la cafetière et le moulin à café ont particulièrement attiré mon attention: ces  objets, disparus de nos cuisines ou majoritairement présents de manière électrifiée, pourraient être réinventés sans modifier considérablement nos habitudes; mieux, ils seraient à même de nous guider vers une autre manière de cuisiner, plus responsable.

Mon processus de travail a commencé par l’analyse historique de ces quatre objets afin de mieux saisir la genèse de leurs électrifications, et par le démontage de ces mêmes objets mécaniques de récupération. Comprendre leur fonctionnement interne me permet de mieux réintégrer leurs mécanismes dans mes propositions. Afin de ne pas me figer dans des typologies d’objets mécaniques passéistes, j’essaie de dessiner de nouveaux scénarios d’usages hybridant les objets choisis entre eux ou avec d’autres au sein de la cuisine: une cafetière-moulin-à-café, un batteur-balance… 

Le projet sera présenté en juin 2021.

Pour aller plus loin :
Prêt à Jeter – Documentaire Arte
Site internet fonctionnant à l’énergie solaire et regroupant différentes technologies low tech
Low tech comment faire plus et mieux avec moins ?
L’Âge des Low tech , vers une civilisation techniquement soutenable – Philippe Bihouix
L’Éloge du Carburateur – Matthew B. Crawford
Réparer le monde – Techniques et culture
Low tech ? Wild Tech ! – Techniques et culture

Clara Schuller

Territoires Tissés (Bénin), en ligne.

Territoires tissés est un projet collaboratif de 5 ans entre La Cambre, l’Association pour la Valorisation et la Promotion du Tissage Traditionnel d’Abomey, et l’École du Patrimoine Africain, basée à Porto Novo. 

La crise sanitaire a empêché tout voyage cette année, mais le projet s’est poursuivi avec la création d’une plateforme en ligne et les premiers objets sont disponibles à la vente. Voir: https://agonglovo.com/ ainsi que le compte instagram dédié.

Cet espace de collaboration et d’échange se fait entre les étudiants design industriel, architecture d’intérieur, design textile et communication visuelle de la Cambre, les étudiants en Valorisation du patrimoine de l’EPA et les tisserands du palais du roi Agonglo à Abomey (site web sur le palais). Il s’articule autour de différents enjeux : une transmission des savoirs-faire traditionnels du tissage, une revalorisation et une redynamisation économique de cette activité artisanale. 

En effet aujourd’hui la production textile locale au Bénin est devenue plus chère que celle importée d’asie et d’europe. Ce déclin d’intérêt de la clientèle locale et des touristes engendre une perte de motivation des tisserands qui ne travaillent plus que par nécessité économique sans aucun dessein créateur.

Au Bénin le tissage se transmet par la parole et la monstration. Les tissus Anciens des Rois du Dahomey se sont perdus et seul un petit nombre les doyens, maîtrisent encore ces techniques de tissage. Un des objectifs des premiers séjours fut de cataloguer tous les motifs et tissages traditionnels ainsi que leur méthode de tissage, pour ensuite permettre leur transmission au sein des tisserands du palais ou d’ailleurs.

Aujourd’hui ce sont les mêmes motifs et tissages qui sont répétés machinalement. L’accès à cette « bibliothèque » d’échantillons textiles permettra aux tisserands d’entrevoir de nouvelles perspectives de création en s’enrichissant de toute la richesse et diversité des motifs historiques.

Durant ces séjours différentes pistes de réflexion ont également été explorées: la signalétique et la communication des guides, l’aménagement d’une salle d’exposition et de vente, la mise en place de la teinture végétale directement sur le site du palais ainsi que la création d’une signature propre aux textiles tissés au palais.